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 nev sulek

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MessageSujet: nev sulek   Jeu 14 Juil - 8:50


zbyhnev sulek
Je suis las,
Las de vivre de je ne sais pas
Quand rien ne se dit ici bas
Loin des dires de l'au-delà

© tumblr/bb brunes

○ âge, lieu et date de naissance : 24 ans, il est né un 12 décembre, à mi-chemin entre la hongrie et l'autriche.
origine et nationalité : d'origine slovaque et serbe, pas de nationalité puisque pas de papiers.
à Londres depuis : trois ans, mais il y a vécu deux ans -non consécutifs- quand il était gosse également, avant de retourner errer ailleurs en europe.
occupation : il est embauché en tant que fossoyeur depuis un peu plus d'an un dans l'un des cimetières de la ville. cependant, il arrondit largement ses fins de mois grâce à son activité illégale, il vole des voitures, les désosse pour certaines et revend le tout à son réseau. il lui arrive de jouer les mécanos contre quelques billets ou objets de valeur. une activité qui déplait à sa famille qui tente de s'intégrer depuis son arrivée.
statut civil : célibataire, l'inconscient vise trop haut, des filles pas faites pour lui, des filles dont les parents ne voudraient certainement pas l'avoir pour gendre.
orientation sexuelle : hétérosexuel, y pas d'doutes.
quartier de résidence : sur un terrain vague, à la sortie de la ville, entre deux bâtiments abandonnés et dégueulasses. toute la troupe de manouches est venue s'installer là avec les caravanes et les voitures, il y a 3 ans de ça. le camp ne fait que s'agrandir de mois en mois et les inconnus n'y sont pas les bienvenus.
groupe : the hardest part.


traits de caractères : le voyou, le loubard, l'enfant des rues, l'enfant du monde, celui qui traine, qui entraine, le zonard.
l'aventurier, l'insatisfait, besoin de sensations fortes, déroger à la règle, sortir des sentiers battus, choquer, déranger.
le rire au bord des lèvres, la fête au creux du cœur, la jeunesse, l'ivresse, l'impétuosité, y a rien qui peux l'arrêter.
amoureux des femmes, charmeur de pacotilles, pas de promesses, rien que des caresses, de la passion, de l'effusion.
la violence, la baston, le palpitant réanimé par les coups encaissés, désabusé, blasé.
le désespoir, la gueule de bois, la colère, enfant frustré qui vit dans un monde rêvé, bloqué dans une réalité délavée.
les secrets, le mystère, le jeu, repousser les limites, toucher le ciel, s'embraser, s'embrasser.
la famille, la solidarité, l'anarchie, la folie, tout casser, tout péter, ses os et son cœur aussi.
la nuit, les étoiles, les jolies filles, ces princesses inaccessibles, la morosité, animal en cage qui montre les crocs, envie de liberté, de fuguer, se barrer. aller sur mars, jamais revenir, rien regretter, tout oublier.
1. about myself
o1. l'année dernière, à halloween, il s'est amusé à s'enterrer peu profondément dans un trou pas encore occupé, juste pour s'amuser à jouer le mort-vivant qui ressort du sol pour faire flipper tous les cons de jeunes venus vivre le grand frisson dans un cimetière le soir du 31 octobre. il s'est beaucoup amusé ce soir-là, à tel point, qu'il a finit par appeler quelques potes pour qu'ils puissent faire ça à plusieurs.
o2. il n'a pas le permis et conduit souvent ivre, et même le mec qu'il a renversé une nuit avant de l'abandonner sur place ne lui a pas suffit à le ramener à la raison, peut-être qu'il aurait fallut que l'homme décède pour que ça lui fasse un électrochoc. en attendant, il continue et il n'hésite pas à prendre des passagers, complètement inconscient.
o3. il a fréquenté une fille pendant un bon moment, charlotte qu'elle s'appelait, elle était schizophrène à ce qu'il parait, lui il se contentait de la trouver marrante et originale. ils étaient pas vraiment ensemble, mais charlotte a toujours pensé que si, il la laissait croire, ça ne faisait de mal à personne, sauf peut-être à la famille King, qui n'a jamais accepté nev. sauf que charlotte, elle s'est suicidée y pas si longtemps que ça et nev, il comprend pas. il reste là, perdu avec ses questions et sa peine. il a du mal à encaisser le choc, il n'avait jamais perdu quelqu'un avant elle et il ne sait pas du tout comment gérer ça. complètement dépassé. paumé. la douleur et le chagrin vont et viennent, le faisant alterner entre euphorie, rage et isolement.
o4. il a volé sa première voiture à l'âge de 13 ans, avec sa grande-sœur, c'est elle qui lui a tout enseigné, faut dire qu'elle était une voleuse hors-paire. mais elle a finit par se ranger et se marier, aujourd'hui, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, il ne la reconnait plus et ça lui fait mal, ça le met en rogne. quoi qu'il en soit, lui, il n'a jamais arrêté de piquer des voitures, au contraire, il en a fait tout un business. il tient un petit carnet et en 11 ans, il a volé pas moins de 67 voitures. depuis quelques temps, il essaye de parfaire sa technique pour couper les alarmes, afin de s'attaquer à des voitures plus chères.
o5. sa famille ainsi que toute la troupe, tout le monde est hyper croyant autour de lui, des catholiques convaincus, avec la foi, la bible, le petit jésus sur sa croix, les messes, la prière, tout. et nev au milieu de ça, il sait plus trop. des fois, il y croit lui aussi. il se confesse un peu devant le petit jésus, il demande pardon, il fait le signe de croix et remercie dieu pour avoir une assiette remplie de nourriture. et d'autres fois, il n'y croit pas du tout. il blasphème, transgresse toutes les règles religieuses et se dit qu'il est bien con de croire en ça. la mort de charlotte le perturbe encore plus. lorsqu'il l'a apprit, il a pris la croix dans le salon et l'a mise dans les chiottes en tirant la chasse d'eau trois fois de suite et en crachant dessus, les larmes aux yeux. mais depuis, il peut pas s'empêcher de se dire qu'il espère qu'elle va bien là où elle est, qu'elle est au paradis, qu'un bout d'elle est resté auprès d'lui, ça le rassure, ça l'apaise. et d'une certaine façon, c'est réel, ce bout d'elle auprès de lui : y a léa.
o6. il en a vu du pays, nev, il a voyagé un peu d'partout dans le monde, beaucoup en europe, grâce à l'ouverture des frontières, mais la troupe a réussi à se faufiler ailleurs malgré tout, les manouches, ils vont partout où bon leur semble, y a rien qui les arrête. il parle couramment l'anglais et le hongrois, mais aussi le "romani" (la langue des manouches, gitans, tziganes, issus d'inde qui ont migré vers l'europe), il se débrouille aussi en kalo (pareil que le romani, mais du côté hispanique cette fois).
o7. il n'a jamais été à l'école, tout ce qu'il sait, il l'a apprit dans la troupe, il lit assez mal et ne sait quasiment pas écrire, juste quelques trucs de base qu'il connait par cœur, sans trop comprendre vraiment ; il cache pas mal cette partie de sa vie, il l'assume pas vraiment, il veut pas qu'on le prenne pour un inculte, pour un crétin.
o8. c'est un bagarreur, un insoumis, un révolté, il cogne, il se déchaine, pour rien et contre le monde entier ; c'est le spécialiste pour déclencher les bagarres dans les bars, dans les stades, dans tous les regroupements en fait. il vient avec son poing américain et il cogne, il castagne et des fois, c'est lui qui perd, c'est lui qui se fait éclater la tronche sur le bitume, mais ça l'arrête pas. putain, y a rien qui l'arrête ce gosse et ça désespère ses parents qui ne veulent pas de ça, de cette violence, de ce désir brûlant qu'il a à ne surtout pas vouloir s'intégrer au monde qui l'entoure, toujours à côté, décalé.


2. paradise
I. Qu'elles sont les passions qui animent votre personnage ? il a les mêmes passions qu'un ado de 15 ans : les filles, les potes. c'est rien qu'un gosse, il a oublié d'grandir. en dehors de ça, y a rien qui l'anime, il est comme tout vide à l'intérieur, pas de passions, pas de rêves, heureusement qu'il sait rire suffisamment fort pour cacher le trou noir dans sa poitrine, sinon, il serait vraiment trop déprimant.
II. S'il y avait un moment clé dans la vie de votre personnage, quel serait-il ? le jour ou toute la troupe a décidée de s'installer pour plusieurs années aux abords de londres, eux qui avaient toujours voyagé, incapables de s'arrêter dans un endroit plus d'une année. c'est un gros changement, tout le monde ne s'y fait pas et ça crée pas mal de tensions. nev, il est un peu perdu au milieu de tout ça. parfois, il voudrait repartir. parfois, il voudrait rester, pour toujours. ce qui est certain, c'est que ça a changé son quotidien. ainsi que celui de tous les gens qu'il connait et c'est pas rien.
III. Où se voit votre personnage dans 10 ans ? il ne voit rien du tout. il ne voit même pas demain. la seule chose qui est évidente pour lui, c'est qu'il sera toujours un membre de la "Famille". peut-être qu'il aura une femme et des gosses, peut-être qu'il sera en prison, peut-être qu'il sera alcoolo, peut-être qu'il sera mort. il sait pas, il veut pas savoir, ça le fait flipper, un peu.




3. true story (optionnel)


la nuit, tous les chats sont gris.
il rigole quand elle lui prend la main, là, comme ça, dans la rue. comme si c'était normal, comme s'ils étaient ensemble, en couple, pour de vrai. il dit rien, juste, il rigole. il retire pas sa main, il veut pas lui faire de peine et puis, de toute façon, c'est pas grave, c'est agréable et ça n'engage à rien. et il l'entraine dans une ruelle, ils passent une porte, grimpent des escaliers. il fracasse une porte close, rien qu'pour elle, ses beaux yeux, son sourire de gamine et son air d'allumée. et ils débouchent sur les toits, s'élancent dans un périple dangereux, s'aventurant de toits en toits, comme des yamakasis. et y a le soleil qui s'couche à l'ouest, et la lune qui s'lève à l'est et c'est beau. et il fait froid, mais ils s'en foutent, main dans la main, ils s'tiennent chaud.

- tu risques rien, j'te tiens.

qu'il dit, comme si c'était vrai. mais c'est des conneries. tant pis, elle y croit charlotte et elle s'accroche encore plus à lui. ils finissent leur course folle un peu plus loin, sur un des plus hauts toits du coin. la vue leur coupe le souffle. et nev, il fait semblant de la pousser avant de la rattraper de justesse, mort de rire, pendant qu'elle hurle, qu'elle se débat, elle l'insulte de tous les noms.

et puis ils font l'amour, là, le cul tourné vers les oiseaux qui vont s'coucher, sur le béton glacé. c'est pas confortable. mais ça les fait rire, c'est tout c'qui compte. rire. nev, il veut toujours rire, trop fort. pour cacher la misère qui ternis son âme de cabot. il veut pas que charlotte voit à quel point il est fade et terne, derrière ses rires et ses coups de folie. folie. comme celle de charlotte. il l'adore, cette folie. cette part d'elle-même qui disjoncte. ça la rend encore plus belle. plus authentique. à ses yeux, elle est pas schizophrène. elle est juste incroyable.




hématomes crochus.

- pauvre conne.

qu'il dit à sa sœur, aveuglé par sa colère. y a la main du mec de sa frangine qui s'abat sur sa gueule et nev qui s'écroule sur le sol. l'enfoiré. il se relève, bondit sur l'ennemi et rend le coup. il peut pas le voir, ce mec. il s'prend pour l'roi du monde, avec sa caravane dernier cri et ses fringues plus chers que tout ce que possède nev. il le supporte pas. et il ne supporte plus sa sœur depuis qu'elle le fréquente, ce demeuré. il lui a ramolli le cerveau, elle est devenue insipide, soumise, ennuyeuse.

il la déteste comme ça. c'est plus qu'une inconnue et il pige pas pourquoi elle se laisse faire. alors il cogne, nev, et il s'fait cogner, parce que le con, c'est pas un p'tit joueur. et nev il déguste. et nev il se fait exploser la tronche. il a visé trop haut. et sa sœur qui réagit toujours pas. putain.

- T'ES VRAIMENT UNE PUTAIN DE GROSSE CONNE. qu'il hurle, même s'il est à terre, à s'noyer dans l'sang qui coule de sa bouche, de son nez, de partout.

et VLAN, il déguste encore. c'est distribution à volonté aujourd'hui, buffet gratuit de mandales. il oubliera pas, nev. et il s'vengera, un jour, tôt ou tard. la haine va le ronger, le maintenir éveillé la nuit. et puis un jour, il le crèvera, ce salaud qui s'installe dans leur troupe, dans leur vie, comme si c'était normal, comme si c'était à lui.

nev va le saigner à blanc. il va le pendre par les pieds et lui ouvrir la gorge comme pour vider un cochon. et il l'abandonnera dans une décharge, parce que c'est c'qu'il est : un déchet.




et il y a ton sourire.

- antoine ? il demande.

il comprend pas nev, ce qu'il fout là, ce gosse. le p'tit frère de charlotte. ils s'aiment pas. enfin, antoine l'aime pas. nev, lui, il s'en fout. est-ce que c'est le père king qui l'a envoyé ici pour lui dire de plus approcher sa fille ? sombre merde. si c'est ça, nev il est déjà prêt à se pointer là-bas, à sonner à leur belle demeure et réclamer à voir charlotte, sous leur nez, avec le sourire. pour bien les faire chier.

mais c'est pas ça. antoine, il est mal. ça s'voit putain. ça s'voit de tellement loin que nev, il est mal lui aussi. c'est horriblement contagieux. il pue la tristesse, la douleur. et nev, il se contracte. il appréhende. son intuition lui dit que c'est d'la merde qui va lui tomber dessus. mais en fait, c'est pire que ça.

charlotte est morte.
suicidée.

et nev, il pige pas. il bloque.

- ok, merci d'avoir prévenu. qu'il dit, le con. comme si on venait d'lui dire que charlotte avait une angine.

et il s'barre, il s'retire dans sa caravane, il ferme la porte, il s'couche et il s'endort. comme ça, ouais. en plein milieu de la journée. même lui il a pas compris. mais il avait cette sensation de ne pas avoir dormi depuis 1o ans. c'était horrible.
et quand il s'est réveillé, ça a mal tourné. il s'est mit à chialer, comme une merde. comme si ses parents venaient de l'abandonner sur l'autoroute. il pouvait plus s'arrêter. et puis, il a finit par s'lever. il a chopé jésus sur sa croix, celle accrochée au mur au-dessus d'la table et il a couru jusqu'aux chiottes. il a jeté le tout dans la cuvette, parce que dieu, son fils et tous ses anges, ce sont des putains d'enfoirés d'avoir rappelé charlotte à eux. et il a tiré la chasse d'eau, pleins d'fois, il a craché d'ssus, il a hurlé, il a donné des coups d'pieds, il a défoncé l'abattant en tirant dessus, puis il la jeté dans la caravane, il a cogné les murs, avec ses poings, avec sa tête. il a déraillé sévère. et puis, quand il a plus eu d'forces, même plus pour pleurer ou tenir debout, à peine pour respirer, il s'est laissé tomber par terre.

et pis, il s'est dit qu'avec tout le fric de ses parents, elle aurait un bel enterrement et que ça, c'était une bonne nouvelle. et pis il a chialé, parce que c'était horrible de penser à ça.

et il s'est sentit seul. comme avant, avant d'la rencontrer.
elle était partie. il l'avait perdu.
il était pas amoureux d'elle, il l'a jamais été.
mais elle avait pris tellement d'place dans sa vie.
il avait perdu son p'tit bout d'bonheur.
et maintenant, il allait devenir quoi ?




le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants.

- c'est moi qui ai creusé son trou. j'me suis appliqué. il lâche ça, comme ça.

il tourne la tête vers léa, tout en noir, bien habillée, alors que lui, il s'traine toujours avec ses fringues à 99cents. pouilleux jusque dans les pires moments.

- t'es bonne en noir.

qu'il ajoute, sans vraiment réaliser. il y peut rien, ce silence, ça le ronge. l'état de léa, ça l'enfonce. alors il cause et il dit toutes les conneries qui lui passe par la tête. il s'dit qu'elle va bien finir par réagir. mais même pas.

- y parait qu'le sexe quand on est triste, c'est juste ouf.

c'est vrai en plus, il l'a vraiment lu quelque part, mais il sait plus où. ou peut-être qu'il la jamais lu. il s'demande s'il l'a pas entendu dans une série à la con. dans malcolm, peut-être. et puis au pire, il s'en fout.

- y a une cabane au bout du cimetière où j'range mon matériel, on peut y aller après s'tu veux.

elle relève enfin la tête vers lui et là, il a envie de s'écrouler. il sait plus. il sait plus à qui il parle. à qui il pense. léa ? ou charlotte ? ça le trouble alors il tourne la tête ailleurs. il peut plus la voir, la regarder. et il réalise enfin toute l'ampleur de la chose. une jumelle, c'est charlotte qui refuse de disparaitre en quelque sorte. alors il veut s'enfuir. mais il reste. il s'accroche à un truc, il sait pas trop quoi. il tente d'attraper la main de léa, mais elle se dérobe et elle lui fausse compagnie, le laissant seul.

mais nev, il va refuser cette solitude. il va refuser que charlotte s'en soit allée comme ça. et il va s'mettre à coller léa. ou à coller charlotte, il sait plus vraiment. c'est confus dans sa tête. y a des fois où il gaffe, il s'trompe de prénom et ça jette un froid, mais il continue, comme si de rien était.
et léa, elle est pas comme charlotte. elle est compliquée, elle est précieuse, capricieuse et maintenant, elle joue les blasées désabusées. il sait plus sur quel pied danser. tout ce qu'il sait, c'est qu'il veut passer du temps avec elle. l'approcher, l'apprivoiser. mais c'est pas facile, parce que des fois, il la déteste. parfois, il supporte pas de la regarder.

j'te déteste.
léa.
j'm'en vais ce soir et j'reviendrais jamais te voir.
j'suis revenu. j'suis désolé.
donne-moi la main, putain. charlotte.
donne-moi quelque chose, un p'tit bout d'toi, léa.
t'es tellement insupportable et ta peine qui fait écho à la mienne.
accroche-toi à moi, viens, j't'emmène, loin de toute cette folie.
finalement, j'te laisse là. parce que tu te souviens ?
j'te déteste.
léa.

et la vie elle reprendra jamais son cours. c'pas possible. et nev il a même plus envie de faire semblant de rire, puisque charlotte est plus là. à moins que ?




pseudo, prénom : spf. âge, région et/ou pays : 24, france. où avez-vous découvert BITS ? bazzart. personnage inventé ou scénario ? inventé. votre avatar : micky ayoub. commentaire, petit mot : trop de beauté ce forum :sexe:




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<span class="r8">micky ayoub</span> ○ Nev Sulek
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MessageSujet: Re: nev sulek   Jeu 14 Juil - 8:52

T'as trop bu, Nev. C'est la dixième fois qu'on lui dit. Ou p't'être plus. Mais il n'avait plus assez d'doigts pour compter, alors il a dû arrêter. Et pis, de toute façon, il s'en fiche. Il faut qu'il boive. Parce que c'est tout ce qu'il a trouvé pour continuer à rire, aujourd'hui. Aujourd'hui. Putain, quelle sale journée. Ça fait 366 jours pile, que Charlotte est morte. Enfin, qu'elle s'est tuée. Ouais, c'pas pareil à ses yeux. C'est pas une mort conne, injuste, le truc que personne n'aurait pu prédire, prévenir. Non, elle allait mal. Il a rien vu. Il faisait que s'marrer. C'est malin, ça. Il rigole pour cacher ce qui va pas chez lui, mais au final, il a aussi caché ce qui allait de travers chez Charlotte. S'il avait su. S'il avait vu. Il arrête pas, avec ses "si". Il se torture, le gosse. Il se sent presque l'âme d'un meurtrier.

C'est con.
Et pis, ça fait vachement mal.

Il quitte le bar, il marche en zigzag, il frôle le mur, les lampadaires, les gens, mais il voit rien. Il a la tête rivée sur son téléphone, il essaye d'appuyer sur les touches, mais deux fois sur trois, il vise à côté. Alors il râle, il beugle, il s'énerve. Et enfin, il trouve le nom de Charlotte dans l'répertoire et il appuie dessus. Le numéro est toujours attribué, tant mieux. Parce que des fois, quand il va trop mal, il aime bien l'appeler. Entendre sa voix sur sa messagerie. Et des fois, il lui laisse des messages. Comme ça. Pour parler. Pour s'vider. Mais ce soir, il a pas envie d'être gentil. Il a trop rigolé déjà, il est fatigué et il n'y arrive plus. Alors, il se fâche.

- T'es une grosse pute, Charlotte. T'nous a tous abandonné ! J'espère que t'auras c'message, j'sais pas comment, mais.. p'tain, ouais, j'espère tu l'auras. CONNASSE.

Et puis il raccroche. Et puis il a envie d'chialer. Et puis il a envie d'rire. C'est comme un automatisme. Quand son cerveau sent qu'il s'enfonce, il réagit et déclenche des fous-rire sans queue ni tête. Quelle connerie. Ça le fatigue. Il range son téléphone dans sa poche, nerveux. Et puis là, y a une main qui s'pose sur son épaule, qui l'interpelle et le force à se retourner. Nev, il serre les poings, déjà prêt à castagner l'intrus. Mais il s'ravise en reconnaissant un de ses potes.

- Qu'est-ce que tu veux ? qu'il demande, un tantinet agressif.
- Ben, pourquoi tu pars ? il comprend pas le mec.
- J'vais voir Charlotte.
- Euh...
- Ouais 'fin non, l'autre, Léa. qu'il corrige en agitant sa main dans les airs, comme si ça n'avait pas d'importance, comme si l'autre était en train de chipoter sur un détail ridicule. T'fais chier.
- Vu ton état, c'est p't'être pas une bonne idée, Nev.
- Ta gueule. point final.

Et il s'barre.
Quand il arrive en bas de l'immeuble de Léa, il est quasiment 23h mais il se rend pas compte. Il a même pas vu que la nuit est tombée, que l'soleil s'est tiré. Il voit rien, il capte rien. Obnubilé par son objectif, par son image qui lui ronge le cerveau. Dégage, putain, lâche-moi charlotte. Qu'il se dit en silence, comme si elle pouvait l'entendre, comme si elle était là. Mais elle est pas là, putain. Elle est plus là. Plus jamais. J.a.m.a.i.s. Et ça craint, merde.

Il tire sur la porte de l'immeuble violemment et il insiste, alors qu'elle lui résiste et refuse de s'ouvrir. Il comprend pas. Il lui faut un moment avant de se souvenir que y a besoin de sonner à l'interphone pour qu'on lui ouvre. Il soupire, ça l'fait chier. Il pose sa tête contre le bois de la porte et il attend, comme ça. Pendant trois minutes. Jusqu'à ce que quelqu'un qui vient de l'intérieur sorte. Nev, il bascule en avant à cause du poids et il manque de se casser la gueule. Il se raccroche à l'inconnu qui le repousse rapidement, sûrement écœurée par son haleine alcoolisée.

- Merci frère ! Qu'il lance en s'marrant comme un adolescent, alors que l'autre type est déjà loin, il en a rien à foutre.

Il appuie sur le bouton de l'ascenseur, une fois. Il attend. Deux fois. Putain, c'est long. Trois fois. Il cogne dessus en gueulant. Quatre fois. Un dernier coup d'pied et il abandonne et se dirige vers les escaliers. Au bout de 6 marches, il entend le petit tintement de la porte de l'ascenseur qui annonce qu'il s'ouvre. L'enculé. Il hésite à redescendre mais il en a pas l'courage, alors il continue son ascension, tant pis. Ça tangue sévère et faut qu'il se raccroche fermement à la rampe pour pas se casser la figure, comme un minable. Il se trompe d'étage, monte trop haut puis redescend trop bas. Ça le gonfle. Alors c'est légèrement excédé qu'il débarque enfin devant la porte de Léa. Et là, il s'met à tambouriner dessus en continue.

Et pis il gueule.
- JOYEUX ANNIVERSAIRE CHARLOOOOOOOTTE. l'anniversaire de sa mort. Super, l'anniversaire. Il s'marre, le con.
- OUVRE J'AI RAMENÉ LE CHAMPAGNE POUR FÊTER ÇA. il regarde ses mains. Ah, bah non en fait. Il a dû tout boire. Ou peut-être qu'il en a jamais acheté. Il sait même plus, tiens.
- CHARLOOO... LEAAAA. OUVRE C'EST MOI. il marque une pause. NEV. juste au cas ou, dans l'doute. Il continue de cogner la porte. - LA-LA-LAA LA LA-LAAAAA. qu'il s'met à hurler, sur l'air de joyeux anniversaire.

Il a les yeux éclatés, le teint jaune, un bas de jogging en coton, usé, un débardeur délavé, étiré, trop grand pour lui. Il ressemble à rien. Dégaine de gamin. Presque un clodo. Certain que s'il s'assoit dans la rue, les gens lui refilent des pièces. Faudrait qu'il essaye, peut-être, ça pourrait être utile. Y a son bras d'appuyé sur la porte et il pèse dessus, de tout son poids. Le coup de la porte de l'immeuble lui a pas servit de leçon visiblement. Et pas sûr que Léa ait la corpulence pour le réceptionner s'il s'écroule sur elle.
Tant pis, il n'y pense même pas en fait. Il pense à rien. Il a fait l'vide. C'est plus simple. Plus facile.
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MessageSujet: Re: nev sulek   Jeu 14 Juil - 8:53


léa, diana, madeleine king
Léa, Elle est passe-temps, elle est pas stable
Elle est passable, elle est pas partout
Elle dit qu'elle partira, elle est même pas venue
Elle est partisane, elle est pas pas sortable
Et ça j'vous l'ai pas pas déjà dit
Qu'elle est parisienne. Quelle parisienne

© tumblr/louise attaque

○ âge, lieu et date de naissance : 22 ans, 3 mai 1994, London
origine et nationalité : Franco-Anglaise
à Londres depuis : Depuis 6 ans, elle a déménagé là-bas à 16 ans lorsque son père y a été muté.
occupation : Etudiante en littérature à l'Université de Londres. Elle est en troisième année et compte faire un doctorat. A côté de ça, elle pige pour quelques blogs et magazines et tente depuis des années d'écrire un bouquin.
statut civil : Officiellement, elle est en couple depuis deux ans avec Eli, même si leur couple ne ressemble plus à rien. Ils se voient rarement, s'engueulent souvent et sont loin de s'aimer comme au premier jour, mais ni l'un ni l'autre ne semble décidé à rompre.
orientation sexuelle : Plutôt hétérosexuelle, même si ce n'est pas très bien défini. Lors de sa première année de fac elle est sortie quelques mois avec une fille dont elle était raide dingue, depuis plus jamais elle n'a été attirée par une femme, du coup elle se demande si c'était une crise passagère, cette fille en particulier ou bien que ça reviendra.
quartier de résidence : Bloomsburry dans un bel appartement quatre pièces avec parquet, moulure, cheminée et beau balcon.
groupe : trouble (is a friend)


traits de caractères : impatiente, tout devrait arriver, et tout de suite. Elle ne veut pas attendre Léa, elle ne veut pas faire la queue pour un petit morceau de bonheur arraché des mains d'un autre. Elle le veut maintenant, tout de suite et qu'il soit là pour toujours. Ou bien elle ne veut rien. Entière qu'elle est alors aussi. C'est toujours tout ou rien. Elle ne connait ni la demi-mesure ni la raison. Sa raison, elle a cramée, elle est partie en fumée quelque part dans la stratosphère. C'est imprévisible, c'est chiant, c'est énervant, mais elle sera là, butée de chez butée, et sûre d'elle. Elle ne doute jamais de rien. Ou alors elle doute de tout. Mais pas d'elle. Elle, elle est comme ça, et ça lui convient parfaitement. Léa, elle a confiance en elle, son physique, son esprit, tout lui convient parfaitement comme il est. Tout est fissuré mais rien ne craque et c'est parfait. Mais quand on a une telle confiance en soit, on passe généralement pour quelqu'un d'égocentrique. Et ce n'est pas faux. Le souci quand on a eu une soeur jumelle, c'est qu'il faut toujurs en faire deux fois plus pour attirer l'attention. Du coup, tout tourne vite autour de soi. Cela lui a valu pas mal d'amitié avortée, cette façon qu'elle a de tout ramener à elle, à sa petite personne, à son petit bonheur, à son petit bien-être. Mais elle ne s'en excuse pas. Elle n'a jamais eu à se soucier de personne d'autre que d'elle-même et c'est parfait ainsi. Le jour où elle voudra ne plus être le centre de sa propre vie, elle fera des gosses, autant dire que ce n'est pas demain la veille. Libre qu'elle est, qu'elle croit être, qu'elle veut être. Elle ne sait pas très bien. Education catholique, école privée, cours de bonne manière... Ok, ok, ok, mais aussi maman rock star et vacances d'été sur le sable fin de Bahamas. Cette double éducation la définit et fait d'elle une fille qui refuse d'avoir la moindre contrainte. Sa mère était une vraie lionne, une vraie furie à l'époque. Elle faisait la Une des tabloïd anglais pour diverses délits, petite culotte non-portée ou on ne sait quoi. C'est aussi ça qui a rendu fou d'amour Mr King. Léa, elle s'inspire de sa mère sur bien des plans. Elle fait ce qu'elle veut. Elle est un brin capricieuse, en fait, un peu plus qu'un peu. Mais Léa elle est aussi française. Et vous savez ce qu'ils adorent faire les français ? Manifester, se plaindre, s'indigner. Pour tout, pour n'importe quoi. Léa elle est engagée. En tout cas, c'est ce qu'elle pense sincèrement. Elle est de toute les manif (vous n'imaginez pas le nombre de mouvements sociaux qu'elle a fait contre le Brexit). Ca l'aide à mieux dormir la nuit vous savez, d'être engagée dans pleins de trucs. On ne sait pas vraiment si tout n'est qu'apparence ou si ce sont ses convictions, mais en tout cas, elle se bouge. Ca ne peut pas faire de mal cela dit. De la France, elle garde également un côté très râleuse, tout le temps. Dès qu'un petit souci s'abat sur elle elle en fait tout un pataquès. C'est insupportable parfois, elle est insupportable souvent. Mais elle est aussi jolie et intelligente pour se le permettre. Léa est aussi une grande littéraire. Elle adore écrire, elle adore lire, elle ne s'en lassera jamais. Depuis quelques années, elle écrivait son bouquin. Elle avait bien avancé avant de toute effacer et recommencer il y a tout juste un an. Ses écrits sont désormais décousus et sans trop de sens. Pas assez de sens pour en faire un bouquin, mais assez pour en faire des musiques. Car évidemment avec une maman chanteuse, elle ne pouvait pas ne pas être musicienne. Elle chante et joue piano, guitare, violon, basse et saxophone. Son délire en ce moment est d'aller à des Open Mic pour se produire, dans le dos de sa mère évidemment qui, si elle l'apprenait, voudrait faire d'elle la nouvelle super star du moment. Mais Léa ne fera jamais rien de ce qu'on attend d'elle. Léa elle est chiante. Léa elle va mal. Léa elle est borderline. Parfois, Léa elle a peur d'être Charlotte, que tout ça n'ai aucun sens. Parfois Léa, elle se sent comme dans Inception, à la fin. Quand on ne sait plus ce qui est réel ou pas. Rien ne l'est.
1. about myself
one + elle en veut à sa soeur jumelle. Elle la déteste souvent, et ça ne risque pas de s'arranger. Y a une sorte de désaccord éternel entre elles. Un truc irréparable. Un truc a explosé entre elles, si vous me permettez la blague. Elle a aussi un petit frère, même si elle l'oublie la plupart du temps. La mythe du frère et de la soeur fusionnels et là l'un pour l'autre c'est une connerie. Elle se fiche de lui comme de sa dernière paire de chaussures. two + elle fume, mais prétend généralement le contraire. Ce n'est pas que ça choquerait l'entourage, sa mère fume aussi, sa soeur aussi, son frère aussi, son père aussi. Faut croire qu'elle assume pas d'avoir laisser Mogan Fortin lui faire fumer sa première clope à quatorze ans. Elle passe par des phases pompiers et par des phases healthy. Elle passe souvent d'une phase à l'autre. Y a eu la phase végétarienne, la phase bohème, la phase globe-trotteuse, la phase torturée. Son style, son look et ses attitudes changent aussi souvent que sa coupe de cheveux. three + elle parle évidemment couramment l'anglais et le français, sans aucun accent ni dans une langue ni dans une autre. Elle n'est pas du genre à se la péter en sortant des grandes citations française à ses amis anglais et inversement... quoi que, en fait si. four + elle a couché avec un chanteur connu. Elle n'en ai pas super fière en fait, parce que ce type est un peu naze dans le milieu, un genre de Justin Bieber, mais elle aime bien laisser ses amies se demander qui c'est. five + Elle est riche. Très riche. Assez riche pour avoir un appartement de 90 m² en plein Londres pour elle toute seule, une femme de ménage qui passe une fois par semaine et se payer tout ce qu'elle désire. Ce n'est pas qu'elle le répète tout le temps, mais un peu. Elle n'aime pas le cacher en tout cas. Si dans son adolescence elle ne fréquentait que des personnes du même milieu qu'elle, de part ses activités et les écoles qu'elle fréquentait, maintenant qu'elle est à la fac, elle se lie avec des personnes de tous horizons. Elle ne les juge pas, c'est juste qu'elle aime leur rappeler tout ce dont elle profite, elle.

2. paradise
I. Qu'elles sont les passions qui animent votre personnage ? Léa est plutôt artiste dans l'âme, c'est un vraie littéraire. Elle dévore des bouquins à longueur de temps, et elle en écrit. Gamine, elle a gagné un prix de littérature jeunesse pour une nouvelle qu'elle avait écrit, bon elle n'avait que douze ans et, la nouvelle parlait d'un Gnome des Jardins dans la cottage d'une famille anglaise, mais c'était plutôt pas mal. Léa est passionnée par la littérature, la philosophie mais également la musique. Elle en écrit pas mal, c'est assez décousu et vide de sens, mais ça lui ressemble. Aussi bien en anglais qu'en français, c'est ce qui la passionne vraiment. Aujourd'hui elle oscille entre son envie de musique et d'écriture. Elle fait un peu des deux. Pendant des années elle travaillait sur un bouquin, le premier jet était presque fini quand elle a subitement tout effacé pour recommencer. Cela a rendu folle sa mère.
II. S'il y avait un moment clé dans la vie de votre personnage, quel serait-il ? Y en a pas. Ou alors, y en a des tas. Des milliers de petits moments clés, de petites choses qui mènent jusqu'ici. Y a eu cette fois, dans le Sud Ouest de la France, où les filles ont faillit se noyer dans l'Atlantique et que Mr King est allée repêcher Léa en premier. Charlotte en a été dingue après ça. Y a eu cette fois, quand Charlotte a pendu le chien de Léa dans sa chambre. Sacré moment clé celui-là. Y a eu quand Kevin Monnet l'a dépucelée, en seconde aussi, même si ça n'a duré que 74 secondes, c'était un moment plutôt clé. Y a eu sa première nouvelle de publiée dans le journal du lycée. Y a eu quand sa mère a fait une rechute de drogue, des années et des années après s'être désintoxiquée, c'était pas drôle. Y a eu la première fois qu'elle a vu son père bourré, pendant sa remise de diplôme et qu'il lui a fait tout un speech sur combien il était fier d'être son père. Des moments clés, y en a tout le temps. Y en a encore aujourd'hui.
III. Où se voit votre personnage dans 10 ans ? Je vous préviens, ça va être glauque. Mais morte. Léa a la conviction profonde qu'elle va mourir, bientôt. Ce n'est pas qu'elle en a envie, ce n'est pas une fascination bizarre pour le morbide, pas du tout. Avant, elle aurait dit que dans dix ans elle serait une écrivaine à succès, mariée avec le Prince Harry et avec deux beaux gamins. Aujourd'hui tout ce qu'elle voit c'est le noir, le néant, le rien. Ca la panique parfois, elle en fait des crises d'angoisse à cause de ça, mais c'est plus fort qu'elle. Elle ne va pas continuer à vivre, elle ne le peut pas de toute façon. Alors dans dix ans, elle n'existera plus. Elle aura disparu. Elle le sait.



pseudo, prénom : fitotime âge, région et/ou pays : 22 ans / Paris où avez-vous découvert BITS ? quelqu'un m'a montré le chemin Smile personnage inventé ou scénario ? tout est dans ma tête votre avatar : isabelle cornish commentaire, petit mot : trop de beauté ici


Code:
<span class="r8">isabelle cornish</span> ○ Léa King








you're like a shadow on me all the time
I'm so happy 'cause today I find my friends
They're in my head

© tumblr/bonnie tyler + nirvana

3. true story
léa.
La tête dans mon portable, occupée à prévoir la soirée du soir même, j'ouvre la porte sans la voir, ma main tâtonne avant de trouver la poignée. J'entre dans l'appartement et balance mon sac à terre. A cet instant, je suis la fille sans histoire, la fille chanceuse, la fille qu'on voudrait être. Je porte ma robe préférée, elle est blanche et longueur midi. Je l'aime bien, parce qu'elle me va bien. Elle me va mieux qu'à elle. Je suis la jeunesse, et les clichés qui vont avec. Je suis trop maquillée, mon épaule me fait mal à cause des livres et des classeurs qui s'entassent dans mon sac de marque, mon cou me tire parce que je suis penchée sur mon téléphone toute la journée, et je vais finir sourde à force d'écouter de la musique trop fort. Je n'ai pas de souci, rien ne vient obscurcir le monde parfait et lumineux de ma vie.

charlotte.
Parait que ce sont les vainqueurs qui racontent l'Histoire. Je dois l'être, vainqueur. L'Histoire est belle et elle serait parfaite pour le pilot d'une série adolescente. Maman était française en quête de gloire dans le milieu punk-rock. Une vraie blouson noir, elle chantait dans un groupe de rock et était partie à la vingtaine percée avec son groupe dans le Londres Underground qui faisait rêver dans les années 80. Papa était un garçon de bonne famille, étudiant en économie. Il a tout plaqué pour elle, elle a tout risqué pour lui. Ils s'aimaient et s'aiment peut-être encore. Qu'est-ce que j'en sais ? Il la suivit à Paris quand elle est tombée enceinte, histoire de s'éloigner du milieu toxique dans lequel ils vivaient. Parait qu'ils se droguaient, parait qu'ils vivaient dans un taudis avec le reste du groupe de ma mère, parait même qu'ils se faisaient des orgies. J'ai du mal à y croire, parce que mon père a un balais enfoncé si profondément dans le cul que j'imagine mal que quoi que ce soit d'autre puisse y entrer. Peut-être qu'ils voulaient juste être cools à nos yeux. Alors voilà, on a grandit à Paris, dans le 15e, quartier Beaugrenelle. On est nées, Léa et moi. Une jumelle est le rêve de beaucoup de monde, mais pas le mien, ni le sien. On été collée ensemble à la glu, comme des siamoises. Impossible de nous séparer, de nos différencier, de nous aimer séparément. Nos parents n'ont pas bien gérer les choses. Petite on était une secte elle et moi. Nous parlions un langage que les autres ne comprenaient pas, que même notre petit frère Antoine ne pouvait parler. Vous faites quoi ? qu'il demandait innocemment le gosse, huit ans et sa bouille d'amour. On était toutes les deux, avec nos bougies patchouli et nos cheveux blonds, entrain de faire un énième rituel sororal, entrain de nous jurer l'amour éternel, envers et contre tout ou entrain de raser la tête de nos poupées. Dégage de là ! qu'ordonnait Léa. Léa Queen, Léa l'autoritaire, la capricieuse et l'insolente. Ouais, va-t-en ! que je répétais, petite marionnette que j'étais. Papa dit que vous devez jouer avec moi. Alors on l'invitait à entrer dans notre chambre. On a toujours partagé notre chambre, toujours. Il venait, innocent et heureux d'être enfin inclue dans notre duo de choc. Et puis on l'enfermait dans le dressing et on lui faisait croire que ça faisait partie du jeu. Ou bien on lui racontait la véritable histoire de sa naissance. Invention de toute pièce sortie de notre esprit vicieux de pestes codépendantes. Maman voulait pas de toi, elle disait que t'étais trop moche. qu'elle commençait. Mais les patrons de papa ont dit qu'il était obligé de te prendre. Mais tu n'es pas notre vrai frère. Elle gloussait, méchante. Elle le regardait bien droit dans les yeux, et elle mentait autant que moi. De toute façon, ça se voit non. Je veux dire, t'es le seul brun de la famille. Et tout le monde le sait, ce que ça veut dire. Il se mettait à pleurer à ce moment-là. Et tes vrais parents ont dit qu'ils viendraient te rechercher quand ils sortiront de prison. Ca peut être demain ou dans cinq ans. On sait pas. Il gémissait qu'il voulait pas qu'on l'enlève de la famille, et nous on riait de bon coeur. Ils vont venir dans la nuit, quand tu seras seul dans ta chambre. C'est pour ça que maman cache un double des clés dans la boite aux lettres, pour qu'ils puissent venir quand ils veulent.
Et puis c'est là que l'histoire déraille, monte crescendo.
C'est une histoire qui finit mal.

léa.
J'envoie valser ma veste sur une chaise qui ne sert qu'à ça et je rejoins la cuisine pour y prendre un verre de vin. Ca fait genre, adulte de prendre du vin. J'en bois depuis longtemps. J'ai voulu être oenologue une fois. Et puis ce soir, on va sortir, autant me mettre dans l'ambiance dès maintenant. Mais quand j'attrape la bouteille dans le frigo, elle est vide. Je soupire, ferme la porte avec violence. Elle m'a encore piquée mes réserves cette saleté de pique-assiette. Elle squatte chez moi depuis des semaines; C'était cool au début, c'était comme quand on était gosses. Et puis ça a arrêté d'être drôle, comme c'est souvent le cas. Elle me saoule. Chaaaa', putain t'es pas chez toi aussi. Si tu descends mes réserves tu vas m'en racheter ok ? que je gueule à travers l'appartement. Elle ne répond pas. Je finis par me servir un verre d'eau. Sur la table basse du salon, y a le paquet de clopes de Charlotte. Si elle veut jouer à ça, parfait. Je lui pique une clope et je m'installe dans le canapé pour fumer. Puisque je n'ai pas entendu de réponse, je la relance. Tu m'as entendue ? que je m'exclame.

charlotte.
Ca va pas. Ca va pas. CA VA PAS. Rafi n'arrête pas de me regarder avec ses yeux de fous furieux. Putain, putain ! Mais qu'est-ce que je suis sensée dire ? Que le meilleur copain de ma soeur veut tous nous tuer dans la semaine, un par un ? Personne ne va me croire. LA FERME RAFI ! LA FEEEERME ! Il se secoue tout le corps et ignore ma détresse. Mais pourquoi il m'a dit ça ? POURQUOI ? Moi gamine de quinze ans, je suis sensée faire quoi ? Aller voir les flics ? Non, pas les flics. Ce con a lu dans mes pensées, il s'approche de moi de sa démarche chaloupée. Si tu vas voir les flics je te tuerais avant. Je pousse un cri. Il me fait peur, il est trop proche de moi. je lui donne un coup de pied en pleine tronche et il étouffe un petit cri plaintif et se retire à l'autre bout de la pièce. Puis il me regarde méchamment, me grogne dessus. Je tuerais Léa en premier. Et puis Antoine. et puis tes parents. Et je terminerais par toi. Je vais dans le coin opposé à lui et je me laisse tomber sur le sol, la tête dans les mains. Mais pourquoi tu fais ça ? Je me suis mise à pleurer à gros sanglots. Je le regarde d'un air suppliant. Je croyais... je croyais... que tu nous aimais et... Mais oui ils nous aime. Il dort avec nous quasiment toutes les nuits, quand il n'est pas sortie dehors pour jouer les caïds. Et ma soeur... ma soeur elle l'aime trop. Putain, non, non, non Léa va jamais me croire. Personne ne me croit jamais. C'est pas de ma faute s'il m'arrive toujours des merdes putain. C'est pas de ma faute. VOUS ENTENDEZ ? Je ferme les yeux très fort en espérant que Rafi s'en aille quand je les ouvrirais à nouveau. Ce que je fais. Mais je pousse un hurlement, Rafi est juste devant moi, il me fixe avec ses grands yeux noirs. VA-T-EN ! DEGAAAAAAGE ! j'essaies de me fondre dans le mur, mais je suis bloquée. Je me suis suicidée toute seule en me foutant dans ce coin. Au moins je serais la première à mourir. Ca serait pas si terrible, en fin de compte. Ca sera la solution. T'es un aimant à emmerdes Charlotte, tout ce qui t'arrive ce n'est pas de la malchance, c'est toi qui cause tout ce mal. me hurle ma conscience. Mais dans un fol espoir de m'en sortir, je m'empare du premier objet lourd à proximité et je l'abat sauvagement sur la tronche de Rafi qui tombe au sol instantanément. Pour être sur, je recommence, encore et encore. Du sang explose sur mon visage, je hurle, je cri, je tremble. Enfin je laisse tomber mon arme et me relève. Devant moi, le corps sans vie de Rafi. Oh non... non, non.... NON ! Que je balbutie. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? QU'EST CE QUI M'ARRIVE ? J'ai quinze ans, je suis trop jeune pour avoir commis un meurtre. J'ai commis un meurtre ? C'est de la légitime défense, ça compte pas. Ca compte pas. Oui non, ça compte pas. La porte, d'entrée s'ouvre, je l'entends depuis notre chambre. Enfin, quelqu'un. J'en pouvais plus d'être enfermée ici toute seule. J'entends la voix de ma mère, de mon frère et de ma soeur qui reviennent de leur journée shopping rue Rivoli. CHAAAA ! FAUT QUE JE TE MONTRE MES FRINGUES ! Hurle ma soeur depuis le salon. Je l'entend courir. Oh non, non... Elle va voir Rafi, elle va le voir, mort. Je panique, je me lève, je fais les cents pas. J'ai envie de planquer le corps sous le lit mais je n'ai pas le temps. La porte s'ouvre. Léa hurle. C'est pas de ma faute, c'est pas de ma faute, c'est pas de ma faute ! que je répète en boucle. Ma mère accourt avec Antoine. Le gosse hurle. Ma mère l'envoie dans la cuisine appeler notre père. Ma mère elle court vers moi, elle se met à genoux devant moi, elle est entrain de chialer. Elle me secoue de toute ses forces, je vais crever. MAIS QU'EST CE QUE T'AS FAIT CHARLOTTE ? Je me remets à pleurer aussi tandis que Léa tombe au sol au dessus du corps inerte de Rafi. Il voulait.. il voulait nous tuer ! Ma mère me regarde comme si j'étais folle. Personne ne va te croire. Du coup, j'insiste. MAIS SIII ! PUTAIN IL ME L'A DIT !Y a un silence. Et puis, la sentence tombe, ma mère lâche dans un souffle paniqué : Il... il te l'a dit ? Charlotte, bon sang, Rafi est un chien ! Je cligne des yeux. Un chien. Oui... Oui... Je... oui. Mais il me l'a dit. Je l'ai entendue. Il... Ca parle pas les chiens.

léa.
La deuxième clope fumée je suis allée sur le balcon pour appeler Eli. J'en sais rien elle fait la gueule je crois. Je l'ai entendue bouger dans la chambre, je l'ai appelée et elle a rien dit. Franchement ça me saoule. Je l'héberge, je suis sympa avec elle et voilà comment elle me remercie... Je me lamente. Eli savait écouter la plupart du temps, quand il ne bossait pas. Il est étudiante en graphisme et bosse pour une petite société de com' à mi-temps. Le mec parfait pour moi, tout le monde l'aime bien. Même Charlotte l'aime bien. Elle qui n'aime personne et surtout pas mes copains. J'crois que c'est encore à cause de son mec, Nev. L'autre jour je l'ai vu entrain de regarder dans mon téléphone pour voir si on s'envoyait des messages en secret, pitié quoi. Que je raconte. Nev, ce type glauque qu'elle fréquente et qu'elle est persuadée que je fréquente aussi. D'ailleurs, elle commence à ne pas être la seule à le penser, vu la remarque qu'il me fait. Je soupire, et je ne dis plus rien. Mon jeu favori quand il m'a saoulée. Je ne raccroche pas, mais je ne lui parle plus, jusqu'à ce qu'il s'excuse. Ce qu'il finit par faire. Bon écoutes, je vais voir ce qu'elle fou. Dans une heure on doit être à Picadelly Circus pour rejoindre les autres. Tu nous rejoins hein ? Allez bye. que je conclue avant de raccrocher. Là je retourne dans le salon, je m'approche de la chambre d'ami qu'elle squatte.

charlotte.
Schizophrène. Ca sonne comme une blague dans ma tête, même si trois médecins différents et spécialisés sur cette maladie me l'ont affirmé. Ca a jeté un froid sur toute la famille. Je n'ai pas arrêté de me sentir coupable parce que tout le monde avait l'air mal à l'aise en ma présence. Léa m'évitait au maximum. Peu de temps après que le diagnostique soit tombé, on a déménagé à Londres. Officiellement pour le taf des parents, officieusement pour quitter l'appart où Rafi était mort. C'est dingue, parfois j'entendais ce sale clébard me parler, dans mes rêves ou dans mes pensées, pour me dire quel sociopathe j'étais de l'avoir tué. Alors voilà, on a tous vécu à Londres pour finir le lycée. Avec tout ce qui s'était passé, je n'avais pas vraiment réussi mes études et j'ai fais un petit break pendant que ma sainte soeur avait la vie parfaite que je n'aurais jamais. Elle se faisait des amis en un claquement de doigt, elle avait des petits copains, elle sortait. Léa a toujours tout eu. Ah non, moi j'avais ma folie avec moi pour me tenir chaud. Pendant que Léa, jeune fille inspirée vivait pour deux, je bataillais pour ajuster un traitement qui ne me rendrait pas zombifique ou bien folle dingue. Y avait des jours où tout allait bien, des jours où on redevenait de simples gamines, les petites pestes qu'on était. Et les autres jours, ça allait mal. Les autres jours, j'avais envie de la tuer. J'ai essayé de le faire une ou deux fois peut-être. Mon cerveau me hurlait que seule l'une d'entre nous devait vivre. Que nous étions une erreur de la nature. Qu'aucune ne serait heureuse tant que l'autre est ici. Mon instinct de survie me poussait à la faire disparaitre pour ne pas que ça soit moi. Parfois, je disparaissais. Complètement. Parfois, je devenais elle. Parfois j'étais persuadée d'être elle. Parfois, je me réveillais, allait dans sa chambre, prenait ses vêtements, allait à sa fac, voyait ses amis, suivait ses cours, parlait avec son mec, couchait avec lui. C'est arrivé une fois ou deux. Et juste après je ne m'en souvenais plus. Ca m'est revenu quand Eli est venu me voir, un de ces jours pour me demander ce que j'avais fais la veille. Comme souvent, je squattais chez Léa, je n'avais pas vraiment d'appartement à moi, je vivais un coup chez les parents avec Antoine, un coup dans un internat, un coup chez Léa, un coup à l'HP. Je l'ai regardé bizarrement. Bah, rien de spécial, pourquoi ? Il a soupiré, soulagé. Ok, donc tu n'étais pas à la fac de Léa hier ? J'ai froncé les sourcils en roulant des yeux. Qu'est-ce que j'irais y foutre ? Il me regardait intensément comme si j'étais entrain de jouer un jeu avec lui. Je me suis contentée de le regarder sans savoir où il voulait en venir. Et t'étais pas non plus dans cette salle de classe vide, hier, à la fac ? Hein ? Je ne comprenais rien à ce qu'il racontait. Du coup il a eu l'air rassuré et il est repartie. Et puis ça m'a frappé, c'est revenu comme des flash dans ma tête. Coucher avec le mec de sa soeur jumelle en se faisant passer pour elle ? T'es de plus en plus classe Charlotte. Que la voix m'a dit dans ma tête. Du coup je suis allée rejoindre ma soeur, qui était entrain de se préparer dans la salle de bain. Elle n'allait pas tarder à manger avec des copines à elle. Elle se maquillait, je la regardais dans le miroir, et puis je me regardais moi, et puis mon reflet m'a regardé moi, et a regardé Léa. J'ai fermé les yeux une seconde. Tu vas bien ? qu'elle m'a demandée avec sa voix de psychothérapeute. Je lui ai souris, et mon reflet elle, pointait deux doigts vers elle comme si elle allait lui tirer dessus. Ouais, ouais, tranquille. Ca te dit de venir avec moi ce soir ? Je vais voir Nev. Nev, mon copain, mon voyou, le seul qui m'aime telle que je suis et pas telle que je pourrais être, assommée de cachets. Elle fait la grimace. J'insiste du regard. On peut lire dans nos pensées l'une de l'autre la plupart du temps. Heureusement qu'elle ne lit pas dans les miennes, n'est-ce pas ? J'ai ignoré la voix.

léa.
J'ouvre la porte, j'y trouve Charlotte, elle est allongée sur le ventre dans le lit, la tête sous l'oreiller, comme une gamine qui boude. Je reste dans l'encadrement de la porte. Ok, super. que je commente, lassée d'avance par son attitude de chieuse. Je m'approche de quelques pas. Aller, la schizo, on se bouge son gros cul ! que je provoque, normalement elle se tourne toujours vers moi pour le faire un doigt quand je l'appelle comme ça. Elle déteste, j'trouve ça drôle perso. Mieux vaut en rire. Là, rien. Je m'approche d'elle et secoue ses fesses par dessus la couverture. t'as des écouteurs ou quoi ? Que je demande en riant devant son twerk improvisé. Pas de réaction. Je m'arrête, fronce les sourcils. Là, je soulève l'oreiller qu'elle a sur la tête, je la pousse du bout des doigts pour la retourner et dévoiler son visage. Je tombe par terre. J'hurle.

charlotte.
Dans un coin de la chambre d'ami, en boule, je pleure comme une gamine. Ma vie me semble nul, moche, sans intérêt particulier. Ca sera quoi ? Ca sera ça ? Tout le temps ? Pas de boulot stable, pas de vie stable, le regard permanent des autres sur moi comme si j'allais exploser leur cervelle comme j'avais explosée celle de Rafi ? hein ? Elle se tape Nev, et tu le sais parfaitement. Je me remets à pleurer, j'ai chaud, j'ai froid, ça va pas. C'est pas étonnant, si ce mec a envie de couché avec toi il a aussi envie d'elle. Elle te ressemble en moins tarée. C'était évident qu'il finirait par se détourner de toi. Je mets mes bras autour de mon bide, j'ai peur, j'ai froid, j'ai mal. J'ai envie de vomir. Je sors de la chambre, je claque la porte, j'entre dans celle de Léa, j'ouvre son dressing et je jette tous ses vêtements au sol. Ouais, génial, sa bonne va tout ranger derrière toi.Je crie de rage de n'avoir pas trouvé meilleure idée. Je regarde autour de moi, sur son bureau y a ses ciseaux, je me met à découper frénétiquement ses fringues. C'est pas ça qui va régler tes affaires.Je m'arrête, je me remet à pleurer, je me bave dessus et me laisse tomber par terre, je fixe le plafond. La voix semble venir d'ici. Tu sais ce que je penses, tu le sais parfaitement ce que tu dois faire. Y a pas assez de place pour vous deux ma chérie. Je me remet à pleurer et je roule sur le côté, je me met en position foetale. Mais la voix me suis partout, je me bouche les oreilles. Elle résonne maintenant dans ma tête. Ca va continuer comme ça tout le temps, encore et encore. Tu vas faire quoi ? Prendre un traitement plus puissant, être un zombi, la regarder être géniale pendant que tu n'es rien du tout. Tu t'es grave amusée cette semaine avant qu'elle ne vienne tout gâcher en baisant ton mec. Non ? Je refuse d'entendre. je me relève, atteint à quatre pattes la porte de sa chambre la claque derrière moi et retourne dans la mienne, enfin la chambre d'amis. C'est elle qui te pourri la vie à chaque fois et que te fais passer pour une folle. Je me plante devant le miroir, regarde mon reflet. QU'EST CE QUE TU VEUX ? QU'EST CE QUE TU VEEEEUX ? Le reflet me regarde. Tu sais ce que je veux. Tu le veux aussi. Je me laisse tomber par terre en pleurant. Non je peux pas, je pourrais jamais. Mais si tu peux, ce n'est pas dur. Je me tire les cheveux si sauvagement qu'une grande poignée me reste dans la main, je les regarde, et je recommence. La voix à mal quand je fais ça, ouais je le sens, elle s'essouffle, elle se calme, elle ne sait plus quoi dire. ARRÊTES CA ! Qu'elle me hurle. Je me relève, tambourine sur le miroir mais rien ne se passe, il ne se casse même pas. Du coup je regarde autour de moi, j'ai encore les ciseaux dans les mains je me coupe la cuisse, juste pour voir, pour sentir si ça l'éliminerait. Ne fais pas ça ! Qu'elle ordonne. J'ai compris le truc. J'ai compris. OK. Je sais quoi faire maintenant. Tout est tellement plus clair. Ma respiration se calme. Ma cuisse saigne mais je ne sens pas la douleur. J'attrape mon journal intime, en arrache une page. Qu'est-ce que tu fous ?. J'ai reposé le stylo après avoir écris quelques mots. Je suis allée dans le lit et j'ai pris dans le tiroir de ma table de nit ma boite d’anxiolytiques.

léa.
J'essaie d'arrêter de trembler. Ce n'est pas vrai. Ca n'est pas arrivé. Ce n'est pas possible. Elle n'est pas là, elle n'est pas là. Elle... Putain ! J'ai levé la tête et je l'ai vu, ses lèvres bleues, ses yeux exorbités, son teint tout pâle. Je cris encore une fois. Je tremble comme je n'ai jamais tremblé auparavant. Je me sens mal. je vais tomber dans les pommes. Y a un bourdonnement autour de moi. Je m'accroche à la table de nuit. J'essais de me lever. Je met mes deux mains sur le visage puis dans les cheveux. Je regarde une seconde son corps. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas arrivé. CE N'EST PAS POSSIBLE ! Que je me hurle à moi-même. C'est un cauchemar, un putain de cauchemar. Ca n'est pas réel. Ca ne peut pas l'être. Et pourtant, j'aperçois enfin le papier plié sur la table de nuit. Je le prend, je sens le papier, je le sens sur ma main. Putain, c'est réel ? Est-ce que c'est réel ? L'écriture brouillon de ma soeur s'étale sur quelques lignes tordues. Des mots sans trop de sens se suivent. Je ne peux plus vivre dans un monde où tu existes. L'une de nous deux doit y rester. Ca a toujours été comme ça. Je te laisse Nev, les parents, Antoine, tout. Ca sert à rien tout ça. Je relis la lettre plusieurs fois. Encore, et encore. Et finalement. QUOOOI ? QUOI ? que je hurle en me retournant vers elle. Je froisse ce papier maudit et je le lance à travers la pièce. Je me rue sur elle, je la secoue de toute mes forces en lui demandant ce qu'elle a bien pu faire. Ce qu'elle a bien pu penser. J'ai appelé les secours. Mais Charlotte ne s'est jamais réveillée.

toujours léa, présent.
Wahou, ca fait presque un an maintenant. Notre famille a l'air si calme depuis cette histoire. Je n'ai montré le mot à personne, et j'ai dis que j'avais moi-même découpé tous mes vêtements, alors que j'étais en état de choc. Il avait fallut me sédater ce soir-là, tellement j'étais hystérique, alors tout le monde y a cru. Et puis tout est devenu calme. Très calme. J'étais tout aussi calme le jour de l'enterrement. Je revois Nev, il était là, il me parlait, je ne l'écoutais même pas, je fixais le cercueil. Et lui il me collait, il était lourd, il me disait des trucs horribles et dégueulasse et pas du tout approprié. Alors j'ai tourné mon regard vers lui, et il m'a regardée. Et j'ai vu qu'il ne me regardait pas moi, qu'il regardait Charlotte. Les gens n'ont pas arrêté de me regarder bizarrement. Antoine, mes parents, mes amis. Tout ceux qui avait fréquenté Charlotte me regardait avec ce drôle d'air. Comme s'il ne me voyait pas, ou plutôt qu'il voyait à travers moi. C'est ça quand on a l'apparence de sa jumelle, on la voit constamment. Dans le regard des autres, dans le miroir, sur les selfies qu'on prend en soirée. Charlotte était là, partout, tout le temps. Elle me hantait. Elle et son stupide petit mot. Elle et son suicide à cause de moi. Ou pour moi. Je n'en sais rien putain.

J'ai continué ma vie, mais un peu différemment. Les choses ne sont pas les mêmes. Je n'ai pas pleuré pendant des jours, je n'ai pas trié ses affaires en sanglotant, je n'ai pas hurlé dans les rues. J'ai juste été un peu différente. En dépression. Comme disait le psy qui nous suivit tous après ça. Peut-être. J'étais juste moins... enjouée. Moins contente, tout me blase. Avec Eli ca ne va plus, rien ne va vraiment en fait. Mais la vie reprend son cours.

Ce matin, je dois aller en cours, je suis toujours dans le même appartement. Je me regarde dans le miroir, je suis entrain de me maquiller. Si en général ça va, aujourd'hui j'ai l'impression de la voir. J'ai l'impression que mon reflet, c'est elle. J'ai l'impression qu'elle est là, près de moi. Du coup je la regarde. J'ai envie de lui dire qu'elle me manque mais je ne sais pas si je le pense vraiment. Bien sûr que si, je te manque. Je sursaute. Regarde derrière moi. Ai-je pensé trop fort ? J'ai entendu ma voix. Sa voix. Notre voix. Je secoue la tête, je continue à me maquiller.
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nev sulek

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