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 reagan/ezechiel

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MessageSujet: reagan/ezechiel   Mer 20 Avr - 19:32

Elle entend la porte d'entrée claquer, signe que son père est revenu. Il a déposé Anselme au foot et, pour une fois, il n'est pas resté pour le regarder. Reagan referme son bouquin et tend l'oreille, pour essayer de deviner ce qu'il fait. S'il va encore aller s'enfermer quelque part, pour bosser, ou s'il va se montrer un peu plus abordable. Elle l'entend tourner en bas, entre la cuisine et le salon. Elle a l'impression que ça fait une éternité qu'ils n'ont pas passé un moment ensemble, rien que tous les deux. Ça lui manque. Faut dire que depuis un an, c'est assez compliqué. Rey ne lui facilite pas la tâche. Elle ne lui épargne plus rien et se montre parfois presque effrontée avec lui. Mais aujourd'hui, elle n'a pas vraiment envie de ça. Elle veut profiter qu'Anselme soit loin de là pour tenter d'obtenir toute son attention. Un sourire se dessine finalement sur ses lèvres et elle jette son bouquin à l'autre bout de son lit, sans prendre le temps de marquer la page. Elle fouille dans son sac-à-dos et en extirpe une pochette en carton. Dedans, elle fouille les feuilles en vrac et s'empare de l'une d'entre elle. C'est son dernier devoir d'expression écrite. Elle a eu un A+ et elle n'a plus qu'une envie, c'est d'aller parader devant son père, toute fière. Elle dévale les escaliers en trombe et fonce jusqu'au salon, où son père s'est finalement installé. Là, sur le canapé. Elle profite quelques instants du fait qu'il ne puisse pas la voir d'où il est pour l'observer. Elle pose doucement sa tête contre l'encadrement de la porte et échappe un tout petit soupire. Y a des moments, comme ça, où elle voudrait redevenir une toute petite fille. Avant qu'Anselme ne naisse. Quand seule elle avait l'exclusivité de ses bras et des regards tendres. C'est dur, de partager. C'est dur, de se sentir mise de côté. Elle secoue doucement sa tête, ce n'est pas le moment. Elle finit par rentrer dans la pièce, toute guillerette et lance un P'pa ! enthousiaste pour attirer son attention. Même sa mère n'est pas là. Il est là, juste pour elle. Rien que pour elle. Et ça l'enchante. Ça lui refile du baume au cœur. Elle envahit son espace vital en s'installant sur ses genoux. Tant pis si elle est trop grande pour ça. Si elle pèse trop lourd. Elle n'y pense même pas. Elle se contente d'agiter son devoir sous son nez en se pavanant : Alooooors, c'est qui la meilleure, hein ? Aucun risque pour Rey de mourir étouffée par sa modestie, assurément. On devait s'inspirer d'une personne qu'on connait pour écrire une petite nouvelle sur un héro. Elle retient sa respiration, comme pour faire durer le suspens encore plus longtemps. Ses yeux pétillent de malice et elle finit par avouer : J'ai parlé de toi ! Enfin, de nous. C'était du Rey tout craché. Elle excellait dans son rôle de petite fille modèle. Elle rit et finit par lui tendre le bout de papier, pour qu'il puisse y jeter un coup d’œil. Quand elle disait nous, on pouvait penser qu'elle parlait d'eux 4, de la famille. Mais il n'en était rien. Dans son histoire, Anselme avait été viré du décor. Il n'y avait qu'elle et ses deux parents. En toute honnêteté, elle ne l'avait pas vraiment fait consciemment. Elle adorait Anselme. Vraiment. C'était la prunelle de ses yeux. Mais y avait juste des fois, comme ça, où elle aimerait bien qu'il n'ait jamais existé. Elle sourit de plus belle, avide de la fierté de son père. Avide de sa reconnaissance, de son amour. Tu restes toute la journée ? Qu'elle finit par demander, histoire de savoir combien de temps elle avait devant elle. Elle lui fait ses petits yeux, ceux de chaton blessé. Comme une prière silencieuse. Elle le prie de rester là, avec elle, aussi longtemps que possible. L'éternité ?


Dernière édition par Admin le Mer 20 Avr - 19:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: reagan/ezechiel   Mer 20 Avr - 19:32


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Tu avais passé une soirée étrange la veille. Celso avait dormi au creux de ton bras, et pourtant, cette nuit bien que délicieusement douce, n’avait fait que te rappeler qu’il n’était pas à toi, qu’il était un homme qui vendait son corps. Tu te demandais s’il avait des clients aussi violents souvent. Tu n’étais pas un exemple de douceur, mais toi c’était différent. Toi tu avais avec lui des rapports consentis qui correspondaient à des pratiques, certes quelque peu inhabituelle mais cependant respectueuse de l’autre et de ses désirs. Tu espérais chaque jour qu’il ne te considérait pas comme ces hommes là, que tu étais différent à ses yeux. Tu n’aurais cependant pas pu lui en vouloir de le faire. Vous n’étiez liés d’aucun engagement l’un envers l’autre. Il était juste l’homme que tu payais pour passer des nuits hors du temps. Tu n’étais donc pas rentré à la maison de la nuit, ni de la journée. Tu étais simplement allé récupérer Anselme à la sortie de l’école pour le déposer à son entraînement de foot et tu avait pris le chemin du domicile familiale, un sourire éclatant, relativement rare, sur le visage. Cette nuit t’avait fait beaucoup trop de bien pour que ce soit complètement normal, mais tu n’étais pas d’humeur à te psychanalysé seul aujourd’hui.

Tu gares la voiture dans l’allée de garage du domicile familial, faisant biper la clé pour la verrouiller alors que tu attrapes ta malette d’avocat et que tu ouvres la porte de la villa que tu laisses claquer bruyament derrière toi. Normalement, à cette heure, Cornélia était encore au travail. Habituellement, tu restais regarder ton fils, mais aujourd’hui, tu avais préféré rentrer pour retrouver un peu le nid. Tu savais que Rey devait être seule à la maison, et tu voulais compenser le fait d’avoir été absent la veille sans aucun doute. Sentiment amer de culpabilité paternel. Tu devines qu’elle est dans sa chambre quand tu vois qu’elle n’est pas dans le salon et tu choisis de ne pas aller la dérange. Elle n’est pas des plus cordiale avec toi ces derniers temps, et si c’est sans doute la faute à la crise d’adolescence, tu ne veux pas rajouter de l’huile sur le feu inutilement. Alors tu t’installes dans le canapé, en jouant nerveusement sur ton téléphone, avant de le ranger en entendant des pas dans l’escalier. Tu ne pouvais pas écrire à Celso maintenant, ce n’était pas raisonnable.

« P'pa ! » Tu souris en entendant sa voix et tu la laisses venir s’installer sur tes genoux sans broncher. Ca fait un sacré bout de temps qu’elle ne l’a pas fait, et tu es content de voir qu’elle peut encore se montrer douce avec le vieux père que tu dois être à ses yeux. Tu regards la feuille qu’elle te colle sous les yeux : « Alooooors, c'est qui la meilleure, hein ? » Tu ne peux t’empêcher d’être fier en voyant l’écriture rouge du professeur qui indique A+. Elle a toujours été brillante, elle s’est toujours donnée les moyens de tout réussir, et tu te surprends à te dire qu’elle te ressemble un peu. Toi aussi tu avais toujours eu cette rage de vaincre, d’être le meilleur, d’être de ceux qui dominent. « Bravo ma grande ! Je n’en ai jamais douté tu sais ? » Un petit clin d’œil complice alors que tes yeux commencent à se poser sur le texte qu’elle t’a collé entre les mains, grand féru de lecture que tu as toujours été. « On devait s'inspirer d'une personne qu'on connait pour écrire une petite nouvelle sur un héro. » Tes yeux parcourt les lignes unes à unes, les lignes écrites de sa belle écriture ronde et soignée. « J'ai parlé de toi ! Enfin, de nous » Ton sourire s’illumine à nouveau alors que tu arrives en bas de la page. Tu remarques que son frère n’y est pas mentionné. Mais tu ne dis rien. Tu sais qu’à cet âge, les relations frères et sœurs ne sont pas toujours idéales et tu ne veux pas la brusquer. « C’est adorable ma puce. Je suis rassuré alors. Je ne suis pas encore trop vieux, et toi pas encore trop grande pour que je sois encore un peu ton héros ? » Tu lui fais un petit clin d’œil alors que ta main de père vient replacer une mèche de ses cheveux bruns derrière son oreille pour libérer son doux visage. Elle a grandit la petite fille. Elle est presque femme, et ça te fait peur parfois.

« Tu restes toute la journée ? » Elle te fait ses grands yeux de chatons. Alors même si t’as une tonne de dossier dans ta malette, tu n’arrives pas à dire non. Parce que ces moments sont rares, et que quelque chose te dit qu’ils le seront de plus en plus. Tu aquiesces : « Oui. C’est ta mère qui va récupérer Anselme. Tu veux qu’on fasse quelque chose ensemble ? » Depuis quand est-ce que ça n’était pas arrivé ? Une éternité.
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MessageSujet: Re: reagan/ezechiel   Mer 20 Avr - 19:36

Bravo ma grande ! Je n’en ai jamais douté tu sais ? Elle sourit, flattée. Et son petit clin d’œil ne fait qu'accroitre sa sensation de satisfaction. Ça lui donne l'illusion d'une complicité très forte. Comme si ce clin d’œil, il le réservait toujours pour elle. Elle sait que ce n'est pas le cas, mais elle fait taire cette vérité, elle ne veut pas l'écouter. Ça ne l'intéresse pas. Elle brode elle-même sa réalité. Elle arrange les choses comme bon lui semble. C'est bien plus joli ainsi. Je sais. Qu'elle ment, sans se l'avouer. Non, elle ne le sait pas. Elle est persuadée de ne plus être suffisamment bien à ses yeux pour mériter toute son attention. Alors non, elle ne savait plus. Mais elle fait semblant, c'est plus facile. Et elle ne veut pas pleurnicher aujourd'hui, ni se fâcher. C’est adorable ma puce. Je suis rassuré alors. Je ne suis pas encore trop vieux, et toi pas encore trop grande pour que je sois encore un peu ton héros ? Elle balance sa tête en arrière tout en riant. Non mais... Elle vient déposer son index sur le visage de son père, au niveau du pli de ses yeux et elle ajoute, malicieuse : Ça ne devrait plus tarder, t'as encore chopé une nouvelle ride, juste ici. Vrai, pas vrai, aucune importance. Elle ne cherche qu'à le taquiner. C'est vrai qu'elle rentre dans l'âge où on ne considère plus son père comme l'homme de notre vie, ni comme un héro. Mais cette distance qu'elle ressentait entre eux la poussait à rester proche de lui. A le considérer encore comme le plus fort, le plus beau, le plus drôle. Et toutes ces choses de gamine. Même si, en effet, ce n'était pas vraiment l'impression qu'elle donnait depuis plusieurs mois. Elle était fuyante, exaspérante et ne lui épargnait rien. Contrairement à sa mère, qui était encore dans ses bonnes grâces. Bien fait. Qu'elle se disait parfois. Après tout, si lui faisait une différence entre ses deux enfants, pourquoi ne pourrait-elle pas faire pareil avec ses deux parents ? A ses yeux, ce n'était que justice. Et a aucun moment elle ne s'imaginait que ça puisse blesser son père. De toute façon, il devait être bien trop obnubilé par Anselme pour ne serait-ce que s'en rendre compte.

Elle esquisse un sourire tendre et baisse les yeux, à la fois émue et amusée lorsqu'il replace délicatement une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. C'est là qu'elle réalise que ça fait vraiment un bail qu'ils n'ont pas eu ce genre de gestes l'un envers l'autre. Et que ça lui manque affreusement. Elle le sait, parce que quelque part au fond d'elle, ça la bouleverse un peu. Mais elle continue de sourire, pour cacher ce trouble. Cacher, cacher. Toujours cacher. De toute façon, chez les Jacobson on ne faisait pas de vagues. Tout était toujours très pondéré et maitrisé. La famille parfaite. Quelle blague. Rey en avait parfois assez de toute cette mascarade. Mais elle ne disait rien. De peur de blesser ses parents.

Elle finit par lui demander s'il reste avec elle, une question qui s'apparente plus à une supplication à vrai dire. Elle teste un peu ce qui lui reste comme emprise sur son père. Elle sait que lorsqu'il s'agit de lui donner de l'argent, il dit toujours oui. Mais quand il s'agit de son temps, c'est différent. Un peu avec appréhension, elle le regarde réfléchir mais ça ne dure pas longtemps. Oui. C’est ta mère qui va récupérer Anselme. Tu veux qu’on fasse quelque chose ensemble ? Sans pouvoir se retenir, elle se met à frétiller sur ses genoux et tapote ses mains l'une contre l'autre, comblée. Oh oui ! Elle se met alors à réfléchir à ce qu'ils pourraient bien faire ensemble et son esprit s'échappe assez loin. Elle se revoit, toute petite fille, en train de dessiner, installée par terre dans le salon et son père, assit derrière elle, qui participait. Elle aimait ce genre de moments simples qu'ils avaient partagés. Mais aujourd'hui, ça ne semblait plus si évident de passer du temps ensemble. Et tandis qu'elle cherche une idée, son sourire s'atténue peu à peu, jusqu'à disparaitre totalement. En fait.. J'ai une question avant. Elle se laisse glisser en arrière, ses fesses quittant les genoux de son père pour venir s'enfoncer dans le canapé. Mais elle laisse le reste de ses jambes sur lui malgré tout. Elle mordille l'intérieur de la joue, un peu hésitante et puis, elle se lance. T'es pas rentré cette nuit.. ? Encore une fois, c'est une question sans vraiment l'être. Elle sait qu'il n'est pas rentré. Elle a encore fait des cauchemars qui l'ont réveillée vers 4h du matin. Elle s'est levée pour aller boire un verre d'eau et elle a vu que sa voiture n'était toujours pas là. Et elle ne s'était pas rendormie après ça. Ce n'était pourtant pas dans les habitudes de son père de découcher. Alors, ça l'intriguait. Elle n'imaginait rien de particulier et certainement pas la vérité. Elle s'interrogeait seulement. A vrai dire, elle se faisait même un peu de souci. Peut-être qu'il avait des ennuis ? Tu faisais quoi ? Qu'elle ajoute, ne pouvant faire taire sa curiosité maladive. Elle relève ses grands yeux bleus vers lui et le dévisage avec insistance, guettant la moindre de ses réactions, à l'instar de Cal Lightman, ce génie de la série Lie to Me, qui sait si vous mentez juste en vous regardant.
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MessageSujet: Re: reagan/ezechiel   Mer 20 Avr - 19:36

Ézéchiel Jacobson a écrit:

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« Je sais. » Tu lui souris doucement. Elle n’a jamais été la reine de la modestie, mais ça a toujours été une princesse, une princesse que vous avez toujours, Cornélia et toi, traitez comme telle. Alors elle n’avait aucune raison d’être modeste. Elle avait un âge où la confiance en soi des filles pouvait facilement chuté que tu avais bien saisi tout l’enjeu qui résidait dans le fait de l’aider à avoir confiance en elle. Il n’était pas question qu’elle finisse par perdre son sourire comme toutes ces gamins de son âge que les parents finissaient par envoyer chez le psy. « Tu as pensé à ce que tu voulais faire après le lycée princesse ? » Toi oui bien sûr. Tu la voyais déjà dans la meilleure des universités, celle là même où Cornélia et toi aviez fait vos études, là où vous vous étiez rencontrés, là où tout avait commencé. Mais elle, qu’est ce qu’elle voulait faire ? Tu n’en savais rien. C’était une nouvelle preuve du fait que tu l’avais perdue de vue trop longtemps. « Non mais... Ça ne devrait plus tarder, t'as encore chopé une nouvelle ride, juste ici. » Tu sens sa main fine se déposer au coin de ton œil et tu ne peux retenir un petit sourire en coin sous la taquinerie. Alors qu’elle retire son doigt de ton visage, tu amènes le tien au même endroit à la recherche de la dites ride. Tu vieillis, et tu le sais. Tu vieillis et ça te pèse. Tu as peur de ne plus être l’homme de sa vie, comme tu as peur que ta femme te préfère un plus jeune, comme tu avais eu peur que Celso te préfères Yann et ses jeunes années. Depuis tes quarante ans, tu redoutais les années qui passaient, sans doute parce que tu savais que chacune de celle qui s’écoulaient te rapprochés de l’âge auquel ton père avait pris la décision de briser ta vie. « J’espère simplement que le papy que je deviens ne te fais pas encore honte. » Tu lui offres un petit clin d’œil alors que tu la regardes. Elle devient belle, un peu plus chaque jour. Elle a les yeux des Jacobson et la beauté de sa mère, elle a ta pâleur et la bouche pulpeuse de Cornélia, elle va faire des ravages dans les cœur et ça te terrorise. Parce que tu es peut-être un avocat redoutable, un dominateur en puissance, mais elle est ta fille, la prunelle de tes yeux.
Tu replaces soigneusement la mèche de ses cheveux, en veillant à effleurer à peine le visage de la jeune femme, comme par peur de briser sa jolie peau de porcelaine. Tu regardes sa réaction qui n’est déjà plus celle d’une petite fille. Elle a déjà la réaction d’une femme. Tu fronces les sourcils un instant. Tu n’en sais pas assez sur celle, tu ignores si elle a quelqu’un dans sa vie, un de ces garçons avec lesquels sa mère la taquinait parfois, tu te demandes si elle est amoureuse, si sa jolie bouche a déjà touchée celle d’un autre, tu espères simplement que son petit cœur n’a jamais été brisé, parce que tu refuses que quelqu’un fasse du mal à ce bijoux. Tu as l’impression d’être face à celle que tu as vu grandir, en même temps que d’une petite étrangère. Tu sens ton cœur se serrer à cette pensée, parce que tu penses à ces moments passés lorsqu’elle était toute petite. Est-ce que tu passais trop de temps hors de la maison ? Est-ce que tu passais trop de temps avec son frère ? Tu commençais à te poser la question, et tu regrettais d’en être arrivé là.

Alors tu réalises qu’il serait peut-être bien de lui proposer de faire quelque chose avec elle. Tu lui proposes une activité père fille, tu n’as aucune idée de ce qu’elle pourrait proposer, tu avais pris l’habitude de l’accompagner faire son shopping pour vérifier qu’elle n’achetait pas n’importe quoi, et puis pour sortir la carte bleue lorsqu’elle avait besoin de toi, mais tu espérais que pour une fois, elle préparerait autre chose. « Oh oui ! » Son enthousiasme te fait plaisir et tu ne peux t’empêcher de sourire en la voyant tapoter des mains comme une petite fille à qui on venait d’offrir une barbe à papa plus grosse qu’elle. Tu te dis que tu n’es pas encore un trop mauvais père si tu es encore capable de provoquer ce genre de réaction chez elle. « C’est toi qui choisis. Tout sauf du shopping. J’ai envie de profiter de toi autrement qu’en te voyant entrer et sortir dans les cabines… Ca fait un moment qu’on a pas passé un moment tout les deux pas vrai ? » Tu lui offres un petit clin d’œil, tu devines aisément que si toi, tu le ressens, elle aussi. « En fait.. J'ai une question avant. » Tu arques un sourcil alors qu’elle s’installe à cheval entre le canapé et toi. Tu plantes tes grands yeux bleus dans les siens pour essayer de comprendre ce dont elle veut parler, et tu pries mentalement pour qu’elle reserve les questions sur la sexualité à sa mère. « T'es pas rentré cette nuit.. ? » La mâchoire se serre légèrement en l’entendant. Tu n’étais pas dupe, tu savais que Cornélia avait dû remarquer ton absence, mais tu avais cru que les enfants ne l’auraient pas remarqué peut être. Tu détestes l’idée de leur cacher la vérité, mais tu redoutes encore davantage celle de leur mentir. Tu ne sais pas si tu vas être un bon menteur si elle te demande ce que tu faisais, mais il faudrait bien, résultat, la question fuse avant que tu ais le temps de t’y préparer : « Tu faisais quoi ? » Ses grands yeux semblables aux tiens se plantent dans ton regard et cherche la réalité. La réalité que tu ne peux indéniablement pas lui avouer, même si tu l’avais voulu. On ne brise pas l’adolescence d’une gamine pour quelque penchant que ce soit, c’était déjà ce qui faisait que tu ne pouvais pas briser ta famille, alors ta fille, encore moins. Tu lui offres un petit sourire désolé en la regardant. « J’avais un repas d’affaire hier soir ma puce. C’était loin d’ici, j’ai un peu trop bu, j’ai dû loué une chambre à l’hôtel. » Le mensonge ordinaire d’un homme qui trompe sa femme. Tu te dégoutes à lui balancer ça en espérant simplement qu’elle le croit, alors que ta soirée d’hier t’avait collé un sourire idiot sur le visage, alors que tu avais passé la matinée à t’inquièter pour lui, en te demandant s’il allait retomber sur un client violent dans le même genre… Tu sens ton cœur se serrer. Tu ne supportes pas ce double aspect de ta vie, mais tu n’as pas le choix. Parce que c’est trop tard pour avoir le choix.
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