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 topic familiale jacobson

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C'est payant : that's what she said

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MessageSujet: topic familiale jacobson   Jeu 21 Avr - 12:37

Après avoir engloutit un copieux petit déjeuner et s'être lavée les dents, Reagan s'était réfugiée dans sa chambre. Encore en pyjama et la figure en vrac à cause des traces laissées par son oreiller. Elle s'était installée sur son lit, en tailleur, où elle répondait à quelques sms reçus pendant la nuit. Encore insouciante du danger, elle avait un vague sourire qui flottait sur ses lèvres charnues, absorbée par ce qu'elle faisait. Mais cette tranquillité fut écourtée par trois coups à sa porte. Elle levait les yeux au ciel, avec cette attitude d'adolescente exaspérée, et exaspérante. Sa mère entrouvrait alors la porte, accueillie par la figure blasée de sa fille. Une figure qui, très rapidement, en apercevant l'état de sa mère, finit par se décomposer pour laisser place à de l'inquiétude. Et les mots qui suivirent n'arrangèrent rien. Chérie habille-toi rapidement s’il te plaît, tu ne vas pas au lycée aujourd’hui, je t’expliquerai dans la voiture. Aussitôt, la petite brune se mouvait sur son lit, prête à se lever pour la rejoindre. Quoi ? Mais, pourquoi ? Dans sa poitrine, son palpitant s'accélérait subitement, trahissant une montée d'angoisse incontrôlée. Ne dis rien à ton frère. Rey fronçait les sourcils et posait un pied à terre. Mais, maman ? Mam... ! La porte claquait, la coupant dans son élan. Bouche-bée, sidérée par ce qu'il venait de se passer, la jeune fille resta stoïque quelques secondes, fixant la porte comme si cette dernière venait de l'insulter. Elle finit par déposer son second pied au sol et passait une main dans ses cheveux, dubitative. Cette façon d'être ne ressemblait absolument pas à sa mère et pour que cette dernière lui accorde de ne pas aller en cours, ça devait être important. Non, ça devait être grave. Un peu perdue, elle finit par abandonner son téléphone et le message qu'elle était en train d'écrire pour se diriger vers sa fenêtre, qui donnait sur leur petite cour privée. La voiture de son père n'y était pas. Aussitôt, elle sentit son cœur se serrer, malmené par quelques mauvais pressentiments. Etait-il rentré cette nuit au moins ? Ses pensées se bousculaient dans sa tête, à tel point qu'elle sentait la migraine pointer le bout de son nez. Elle fermait les yeux un instant et soufflait profondément pour tenter de se calmer. Ne voulant pas créer de tracas supplémentaires à sa mère, elle décidait de lui obéir sans broncher, refusant d'écouter son instinct qui lui criait pourtant d'aller la retrouver et de l'obliger à lui dire ce qu'il se passait. Elle s'habillait rapidement, oubliant pour une fois de s'adonner à un mini défilé de mode devant son miroir, comme elle le faisait tous les matins afin de choisir la tenue parfaite pour sa journée. Quelque chose lui disait qu'aujourd'hui, ça n'aurait pas d'importance. Elle nouait ses cheveux en un chignon sur le sommet de son crâne, attrapait son sac-à-dos, glissait son petit carnet dedans et quittait sa chambre pour descendre au salon. Anselme était déjà là lui aussi, prêt à partir, ponctuel. Elle s'approchait de lui et déposait un baiser sur son crâne. Salut p'tite tête. Soufflait-elle, le plus naturellement possible. Mais elle avait bien du mal à contenir ses émotions. Savoir qu'un truc allait de travers, sans savoir quoi exactement était assez perturbant. Et Anselme le sentait. Les adultes pensaient toujours tout pouvoir cacher aux enfants, mais ils se trompaient. Les gosses étaient très sensibles aux humeurs des gens autour d'eux et quand en plus ils étaient aussi observateurs que le petit Jacobson, impossible de tromper leur vigilance.

L'ambiance dans la voiture était à la limite de l'insoutenable. Un silence de mort y régnait, alors qu'habituellement Reagan animait toujours la petite troupe, bavarde comme pas permis. Mais ce matin, les mots ne venaient pas. La tête appuyée contre la vitre, elle regardait le chemin défiler sans y faire attention. Ses yeux suivaient mollement les gouttes d'eau qui venaient s'écraser contre sa fenêtre et glisser jusqu'à disparaitre. Les yeux rouges de sa mère et son attitude totalement contrôlée commençait presque à l'agacer. Elle détestait quand elle faisait ça. Quand elle s'enfermait dans ce rôle de mère parfaite, de femme parfaite. Inébranlable à l'extérieur alors que c'était probablement une vraie tempête à l'intérieur. Reagan détestait ça, parce qu'à côté, elle ne savait jamais comment réagir, ni ce que ressentait réellement sa mère. Dans ces moments-là, elle ne se sentait absolument pas proche d'elle et, d'une certaine façon, c'était un peu douloureux. Parce que justement, elles avaient toujours été très proches. Bonne journée mon cœur. Rey se redressait sur son siège et souriait à son frère, lui faisant un petit coucou de la main droite. A ce soir p'tite tête. A cet instant, la brunette ne savait pas si elle devait l'envier ou le plaindre. L'envier parce qu'il échappait à cette atmosphère terriblement lourde et désagréable. Ou le plaindre, parce qu'il savait que quelque chose n'allait pas, mais que personne ne semblait vouloir lui expliquer quoi que ce soit. Et c'était assez injuste aux yeux de Reagan. La portière refermée, la voiture repris sa route et sans attendre, la jeune fille se tournait vers sa mère, croisant ses bras sur sa poitrine. Elle affichait une mine boudeuse, afin de bien lui faire savoir qu'elle n'appréciait pas du tout la façon dont tout ceci s'était déroulé. Tous ces mystères, pourquoi faire bon sang ? Et sa mère semblait vouloir faire durer cet enfer. Elle prit le temps de bidouiller le GPS, mais Rey n'y fit pas attention. Elle continuait de la fixer durement, commençant à sérieusement perdre patience. Et, enfin, la vérité.

Ton père a eu un accident de voiture cette nuit, ma puce. Il est à l’hôpital de New York.

Reagan eut l'impression de se prendre une gifle monumentale. Le genre de gifle qui vous met KO direct, au tapis. Sa lèvre inférieure trembla quelques instants sous le coup de l'émotion, tandis qu'elle décroisait ses bras rapidement. Ses yeux se noyèrent aussitôt de larmes, mais ces dernières ne s'écoulèrent pas sur ses joues, restant pour le moment sagement à leur place. Dans un premier lieu, ce fut la colère qui l'anima, redirigeant cette dernière sur sa mère. Ses joues étaient devenues rouges. ET C'EST MAINTENANT QUE TU ME LE DIS ? Hurlait-elle subitement. Depuis combien de temps le savait-elle ? Pourquoi le dire que maintenant ? Et pourquoi tenir son petit-frère à l'écart ? Hors d'elle, la jeune fille fusillait sa mère du regard. Mais ce voile de colère ne pu cacher la réalité de ses émotions bien longtemps. Rapidement, quelques larmes s'échappèrent de ses grands yeux bleus pour venir caresser ses joues. Mais elle les essuyait aussitôt du revers de sa manche avant de souffler, à mi-voix : Pardon. Ce n'était pas le moment de s'en prendre à sa mère. La pauvre n'y était pour rien et faisait probablement du mieux qu'elle pouvait. Elle devait être tout aussi bouleversée que Reagan. La jeune fille se remit à fixer le paysage, silencieuse, essuyant régulièrement les quelques larmes qui continuaient de ruisseler sur son visage. Pas certaine de réaliser ce qu'il se passait vraiment, son esprit semblait ailleurs, hermétique à ce qui l'entourait, dans une vaine tentative de protection. Au fil des secondes qui s'écoulaient, Reagan se sentait de plus en plus mal. Elle était certes meurtrie par la peur et le chagrin, mais la vérité, c'est que c'était la culpabilité qui la rongeait le plus à cet instant. Hier soir, elle avait échangé quelques sms avec une amie, des sms dans lesquels elle avait dit un peu de mal de son père à certains moments. Rien d'extraordinaire, de simples plaintes d'adolescente contrariée. Mais là, maintenant, ça lui semblait horrible. Et elle s'en voulait atrocement. Comme si son père le savait. Et dans sa tête, elle se disait bêtement que s'il venait à mourir, ce serait les derniers mots qu'elle aurait eu pour lui. Et c'était insupportable. Les tripes en vrac, une boule se formait douloureusement dans sa gorge tandis qu'elle luttait pour ne pas éclater en sanglots. Pourquoi lui ?

Un peu à l'ouest, c'est la main de sa mère attrapant la sienne qui la fait brutalement redescendre sur terre. Rey déglutit et intensifie le contact en resserrant ses doigts, s'accrochant désespérément à elle pour ne pas s'écrouler. Elle aurait aimé être aussi forte que sa mère, savoir rester aussi droite et maitre de ses émotions. Mais elle ne peut pas. Elle se sent incroyablement fragile et il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus ressentit ça. C'était comme un retour 10 ans en arrière. Elle n'est plus cette ado en rébellion. Elle n'est plus qu'une gosse, une toute petite fille en proie à ses pires craintes. Elle se laisse guider sans réfléchir, laissant sa mère prendre tout en main. Les lumières blanches à l'intérieur de l'hôpital lui agressent les yeux et la font grimacer légèrement. Elle perd la notion du temps et capte à peine la moitié des choses qui se passent autour d'elle. Elle a l'impression d'être coincée dans une bulle étouffante. De hurler à l'intérieur de cette bulle mais que personne ne l'entend. C'est un sentiment terriblement stressant et frustrant qu'elle ne sait pas comment accueillir ni gérer. Elle se reconnecte un peu à l'univers qui l'entoure quand une infirmière vient leur parler longuement. Elle leur sort tout un baratin interminable et Reagan se retient de lui crier dessus. Elle a envie de lui dire de se taire, de lui faire comprendre que pour l'instant, tout ça, elle s'en fout. Elle veut juste le voir. Mais elle ne dit rien. Elle en est incapable. Sa bouche est close, les dents serrées et c'était comme si elle ne pourrait plus jamais parler. Comme si elle avait oublié comment on faisait. Tout son corps est concentré sur une seule idée, être avec lui. Le rejoindre. Le reste n'a plus aucune importance.

Et enfin, son désir est assouvit. Elles pénètrent dans la chambre. Mais là, Reagan se fige face à la violence de ce qu'elle découvre. La bouche entrouverte, horrifiée, elle ne comprend pas. La main de sa mère la lâche pile au moment où elle avait le plus besoin d'elle, créant alors un terrible vide autour d'elle. Le souffle coupé, la jeune fille détaille son père de la tête aux pieds. Et, subitement, elle n'a plus qu'une seule envie : fuir. Partir d'ici. Elle se sent totalement incapable d'affronter ça. Et elle comprend mieux maintenant, pourquoi Anselme n'est pas là. L'espace d'un instant, elle se dit que elle aussi, elle aurait aimé être épargnée. Mais cette idée ne reste pas longtemps. Ses émotions sont si fortes et si variées qu'elles la font passer d'un état à un autre en un claquement de doigts. Et si en entrant elle avait eu envie de s'enfuir, désormais elle n'aspirait plus qu'à une chose : se jeter dans ses bras. Lorsque la main de sa mère se tendit vers elle, Rey finit par bouger. Elle relevait la tête vers elle, détachant enfin son regard de ce corps qu'elle ne reconnaissait pas. Et elle cessa toute tentative pour se retenir plus longtemps, se mettant subitement à pleurer bruyamment. Elle rejoignit rapidement sa mère, retrouvant avec soulagement la chaleur de sa main rassurante, venant se blottir contre elle carrément. Incapable d'arrêter ses pleurs, elle tentait malgré tout de se faire la plus silencieuse possible. Après une longue hésitation, elle finit par venir glisser les doigts de sa main libre sur celle de son père, cherchant désespérément un contact physique avec lui. Mais la fraicheur de sa main la fit frémir, tordant son visage dans une grimace apeurée. Les mots de l'infirmière lui reviennent alors en mémoire, se mélangeant avec d'autres souvenirs issus de films ou des informations. Et d'un coup, la voilà qui s'inquiète à l'idée qu'il ait pu perdre la mémoire et les oublier. L'oublier. Cette idée la terrorise et ne fait qu'accroitre sa peine et ses inquiétudes. Et alors qu'elle demeurait silencieuse depuis d'interminables minutes, elle se décide enfin à poser les yeux sur sa mère, à la recherche de son regard, pour finalement lui demander entre deux sanglots, d'une petite voix : Il va s'en sortir, hein ? Qu'elle lui mente s'il le fallait, mais à cet instant, Rey avait absolument besoin d'entendre quelques mots réconfortants pour palier à cette catastrophe.
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